Explosion à Saint-Pétersbourg: ce qui s’est passé

3 avril 2017 Oleg Egorov
L’explosion qui a retenti ce lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg a fait dix morts. La police privilégie la piste d’un attentat commis pendant la visite du président Vladimir Poutine dans la ville.
Metro
Sur les lieux de l'attentat. Crédit : Reuters

Une déflagration s’est produite dans le métro de Saint-Pétersbourg aux environs de 14h40 (12h40 GMT) lorsque la rame se trouvait dans le tunnel entre les stations Place Sennaïa et Institut technologique, dans le centre-ville.

« Nous avons entendu une détonation suivie d’une puissante odeur et de fumée », a indiqué dans une interview au journal en ligne Boumaga un voyageur qui se trouvait dans la voiture voisine. La rame a continué à rouler et est arrivée à la station. Les gens voyageant dans la voiture théâtre de l’explosion sortaient par les fenêtres. Les employés du métro se sont portés à leur secours.

 

D'après la ministre russe de la Santé Veronika Skvortsova, l'attaque a fait dix morts: sept personnes sont mortes sur le coup, une est décédée dans l'ambulance et deux autres à l'hôpital. 47 personnes ont été blessées, selon l’agence RIA Novosti. Une heure après l’explosion, les autorités de Saint-Pétersbourg ont entièrement fermé le métro, l’entrée et la sortie étant impossibles, les voyageurs ont été évacués. 

Crédit : Egor Lappo
Crédit : Egor Lappo
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« Nous examinons toutes les hypothèses »

Une source de l’agence Interfax a annoncé que l’engin explosif placé à l'intérieur d’une rame aurait pu être rempli de boulons pour en augmenter l’effet dévastateur. Selon l’agence, la puissance des déflagrations « n’était pas très importante », entre 200 et 300 grammes d’équivalent TNT. Le Parquet général a évoqué un attentat. D’après le Comité antiterroriste, une bombe artisanale a été découverte et désamorcée un peu plus tard à la station Place de l’Insurrection.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a fait ce lundi un discours lors du IVe Médiaforum des médias régionaux et locaux à Saint-Pétersbourg, a déclaré qu’il était encore trop tôt pour évoquer les causes des explosions. « Nous examinons toutes les hypothèses, celles d’un délit de droit commun ainsi que la piste criminelle, avant tout terroriste », a-t-il souligné. Il a ajouté que les autorités prendraient les mesures nécessaires pour soutenir les familles des personnes tuées et blessées.

La police estime élevée la probabilité d’un attentat. « Il est très probable que ce soit un attentat parce qu’il est pratiquement impossible d’entrer dans le métro en ayant par hasard quelque chose d’explosif (par exemple, une bouteille de gaz) », a déclaré à RBTH une source au sein du département régional du FSB (Service fédéral de sécurité) de Saint-Pétersbourg. On ne sait pas précisément pour le moment s’il s’agit d’une bombe ou d’un terroriste kamikaze qui se serait fait exploser, indique-t-on de même source.

Selon un représentant de la police régionale, les terroristes présumés ont choisi le « meilleur » moment pour commettre leur attentat. « À cette heure, il y a beaucoup de monde, mais ce ne sont pas encore les heures d’affluence. Si le terroriste est trop compressé par la foule, son explosion sera moins efficace. Seules quelques personnes seront frappées par l’onde de choc et les éclats, mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le nombre de victimes sera moins important ».

Crédit : Egor Lappo
Crédit : Anton Vaganov/TASS
Crédit : Reuters
 
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Situation dans la ville

« C’est un vrai cauchemar, on dirait la guerre, a déclaré à la radio Kommersant FM un témoin, Alexandre Boulekov, en évoquant la situation dans le centre-ville. Des hélicoptères sont arrivés sur les lieux ». Les mesures de sécurité ont été renforcées à l’aéroport Poulkovo de Saint-Pétersbourg. Les transports en commun terrestres sont pour le moment gratuits. Les médias font état de perturbation des réseaux téléphoniques et d’embouteillages monstres dans le centre-ville.

Outre Vladimir Poutine, des condoléances aux familles des victimes ont été exprimées par le premier ministre Dmitri Medvedev et le président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui avait un entretien avec l’homme fort du Kremlin au moment de l’annonce du drame. « Personne ne nous laissera tranquille. Il faut être prêt à tout, a noté Alexandre Loukachenko, cité par l’agence TASS. Les défis sont très nombreux dans le monde ».

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