Anonymes et omniprésents: ces hackers russes qui sèment la terreur

10 janvier 2017 Oleg Egorov
Les hackers russes ont été récemment propulsés à la une de l'actualité : ils sont accusés notamment d’avoir interféré dans la présidentielle américaine et d’avoir attaqué le serveur de l’OSCE. RBTH conte l’histoire de quatre hackers russes célèbres.

Ils font les gros titres mais sont entourés de mystère. Qui sont-ils ? Crédit : Silas Stein / DPA / Global Look PressIls font les gros titres mais sont entourés de mystère. Qui sont-ils ? Crédit : Silas Stein / DPA / Global Look Press

1. Vladimir Lévine

À l’aube de l’ère Internet, en 1994,  Vladimir Lévine, employé d'une petite entreprise commerciale, pirata le serveur du géant du secteur bancaire américain, Citibank. « Armé » d’un simple PC-386 standard, le jeune homme braqua l’un des systèmes de paiement les plus sophistiqués au monde.

Il était très prudent et ne retirait des comptes des grands investisseurs de la Citibank que de petites sommes pour les transférer à ses complices un peu partout dans le monde. Le montant total de la somme volée a atteint 10 700 952 dollars. Toutefois, le service de sécurité électronique de la banque tomba finalement sur les traces des pirates et le FBI s’intéressa à cet employé russe sans histoires.

Crédit : Vladimir Levin / TASSCrédit : Vladimir Levin / TASS

Vladimir Lévine fut arrêté à Londres et jugé aux États-Unis, car la Russie ne possédait pas encore dans les années 1990 d'arsenal juridique pour lutter contre la cybercriminalité. Il accepta de collaborer avec l’enquête et presque tout l’argent (excepté 250 000 dollars) fut restitué à la Citibank. Il purgea une peine de trois ans de prison. Vladimir Lévine reste aujourd’hui une légende au sein des hackers russes : il est le premier à avoir acquis une renommée internationale.

2. Igor Klopov

Diplômé de la faculté économique de l’Université Lomonossov de Moscou à 24 ans, Igor Klopov volait non de l’argent, mais les données financières de milliardaires américains de la liste Forbes. Ayant piraté ces informations, le jeune homme et ses complices concluaient des transactions en leur nom sur Internet, ce qui leur permit de s’approprier 1,5 million de dollars.

Il fut grillé en 2007, alors qu’il tentait de se faire passer pour le milliardaire Charles Wyly. Igor Klopov acheta avec un faux carnet de chèques des bijoux en or pour quelque 7 millions de dollars, mais l’employé de la joaillerie décida de vérifier l’authenticité du chèque et contacta le vrai Charles Wyly.

L’arnaque dévoilée au grand jour, le jeune Russe fut arrêté alors qu'il s'était rendu à New York pour récupérer son achat. Le hacker purgea sa peine et passa du « Côté Lumineux de la Force » : il travaille en qualité d’expert pour la société de sécurité informatique CyberSec.

3. Shaltai Boltai / Anonymous International

Le 14 août 2014, les abonnés de Twitter du premier ministre russe, Dmitri Medvedev, n’en revenaient pas : son compte officiel publiait des posts étranges. « Je démissionne. J’ai honte pour les activités du gouvernement. Pardonnez-moi », écrivait « Dmitri Medvedev », avant de déclarer à « Vladimir » (Poutine) qu’il avait tort et d’ajouter qu’il deviendrait photographe comme il en a « toujours rêvé ».

Évidemment, le chef du gouvernement n’a jamais rien écrit de tel. Pendant une heure, le compte du premier ministre a été détourné par les hackers d’Anonymous International, alias Shaltai Boltai, l’un des groupes les plus célèbres liés à la politique. Cette action est la plus retentissante, mais loin d’être la seule : depuis 2014, le groupe publie régulièrement le contenu des courriels des fonctionnaires et des hommes politiques russes.

Dans une interview anonyme au site Meduza, l’un des fondateurs d’Anonymous International a raconté que la publication du courrier des fonctionnaires et le détournement d'identité n’étaient pas les activités principales de l’organisation. Cette dernière réalise surtout des commandes de collecte d’informations, notamment compromettantes. Ainsi, le groupe ne publie que ce qui ne peut être vendu, a-t-il affirmé.

4. Evgueni Bogatchov

Crédit : Evgeniy Bogachev / fbi.govCrédit : Evgeniy Bogachev / fbi.gov

En décembre dernier, Evgueni Bogatchov, originaire d’Anapa (à 1 500 kilomètres au sud de Moscou), s’est retrouvé sur la liste des personnes visées par les sanctions des États-Unis, où il est accusé d’ingérence dans les élections présidentielles.

Evgueni Bogatchov est habitué à une attention soutenue de la part des autorités et des services secrets américains : en février 2015 déjà, soit bien avant la présidentielle, la FBI promettait 3 millions de dollars pour toute information permettant de le localiser.

« L’exploit » réalisé par Evgueni Bogatchov est d’avoir mis au point un virus foncièrement nouveau, Gameover Zeus. Le groupe dirigé par ce Russe a créé le plus puissant cheval de Troie bancaire de l’histoire : le logiciel est capable de copier à l’insu de son utilisateur les numéros de cartes bancaires, les mots de passe et d’autres informations. Selon le FBI, Gameover Zeus a rapporté à ses créateurs plus de 100 millions de dollars.

Et bien que le FBI recherche Evgueni Bogatchov depuis presque deux ans, il n’a toujours pas été localisé. D’après certaines suppositions, il se trouverait en Russie.

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