Conseils avant de passer la bague au doigt d’un ou d’une Russe

6 janvier 2017 Oleg Skripnik
L’amour, c’est bien joli, mais pour épouser une personne de nationalité russe, les alliances ne suffiront pas : laissez-vous guider dans le dédale bureaucratique.
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Crédit : Kirill Kukhmar / TASS

Nombreux sont les étrangers qui rêvent d’épouser une Russe : à la proposition « Marry a Russian Bride », Google donne plus de deux millions de résultats. Et les hommes russes sont aussi très demandés : 1 800 000 résultats pour « Marry a Russian Man ». 

Les Russes ont une réputation compliquée en Occident, mais au nombre de leurs qualités, on cite souvent leur romantisme. Toutefois, si le futur couple international ne respecte pas les démarches administratives, la bureaucratie aura tôt fait de gâcher l’idylle.

Pour commencer, les fiancés devront choisir le pays dans lequel ils enregistreront leur union. En Russie, ou dans le pays du ou de la partenaire ? Dans le second cas, le mariage est conclu selon les lois du pays en question, qui varient d’un État à l’autre. Si le mariage a lieu en Russie, la procédure est les suivante.

Rassembler les documents

Sofia, citoyenne lettone, un pays membre de l’Union européenne, a rencontré son futur époux Vitaly à il y a 14 ans à lors d’un forum de Médiéval-Fantastique. « J’étais si amoureuse que j’apprenais ses messages par cœur », se souvient-elle.

Les deux jeunes gens n’ont pu se rencontrer revoir pour la première fois que quatre ans plus tard. Ils se fiancèrent et le mariage va seulement avoir lieu maintenant, après un nouveau délai de quatre ans.

« Je pense en finir avec les formalités dans deux semaines, et me marier dans un mois ou deux », estime Sofia. Tout d’abord, elle (comme toute personne prévoyant de se marier en Russie) a bien sûr besoin d’un visa. Tourisme, affaires, travail… aucune importance. L’important est de pouvoir entrer dans le pays.

Sofia et Vitaly. Crédit : Archives personnellesSofia et Vitaly. Crédit : Archives personnelles

En Lettonie, Sofia a dû obtenir un certificat de statut familial : la polygamie et la polyandrie sont interdites en Russie. Et si un étranger précédemment marié dans son pays souhaite se remarier en Russie, il lui faudra prouver son célibat par un certificat de divorce ou de décès du conjoint.

Pour les ressortissants de la Communauté des États indépendants (CEI), des États baltes et de quelques autres pays, il n’est pas nécessaire de faire apostiller les documents (la certification légale internationale). Pour tout autre pays, les documents (sauf le passeport) devront être certifiés. 

En Russie, Sofia doit tout d’abord faire enregistrer son visa sur dans son lieu de résidence. Le plus simple est de descendre à l’hôtel : les hôtels se chargent des démarches d’enregistrement des étrangers. Si elle décide d’aller directement vivre chez son fiancé, ils devront tous les deux faire la queue au service des migrations.

L’enregistrement effectué, il faudra se mettre en quête d’un notaire russe. Tous les documents doivent être traduits et certifiés par un notaire (y compris une copie du passeport, à faire exécuter ou certifier conforme par le notaire).

Prochaine étape : le bureau d’état civil

Les papiers rassemblés, le plus dur est fait et le bout du parcours est en vue. Le moment est venu de se rendre au ZAGS (le bureau d’état civil). Selon les localités, des bureaux différents traitent les demandes des étrangers.

À Moscou, c’est le Palais des Mariages n°4. On s’y fait remettre une facture relative aux frais de dossier de 5 euros à régler dans un établissement bancaire. Avec tous ses documents et la quittance de paiement des frais de dossier, il faut retourner au ZAGS et remplir une « déclaration de conclusion de mariage ». On peut enfin choisir le jour des noces, le délai d’attente minimum étant d’un mois.

Attention : pour un mariage en été, il est fortement conseillé de s’y prendre à l’avance. À cette époque de l’année, les ZAGS sont surchargés et les délais peuvent être bien plus longs que prévu. 

Félicitations aux mariés qui auront franchi tous les obstacles de ce parcours du combattant. Encore un petit détail bureaucratique : pour retourner ou partir vivre dans le pays du conjoint étranger, le couple aura besoin de faire apostiller en Russie son certificat de mariage.

Pas de mariage pour tous

Selon le code de la famille russe, les mariages entre mineurs, entre frères et sœurs et entre personnes déjà mariées sont interdits. Si une Russe mariée s’enfuit dans un pays musulman pour rejoindre le harem de son nouvel élu, ce mariage ne sera pas reconnu en Russie. Les couples de même sexe ne peuvent pas non plus se marier en Russie.

Dans le cas d’un mariage international, les lois des deux États concernés doivent être respectées. Vérifiez à l’avance les exigences légales de votre pays. Par exemple, les Britanniques auront à accomplir des démarches différentes de celles de Sofia : ils devront se faire remettre à leur consulat en Russie un « Certificate of no Impediment » (de non-empêchement).

Nous vous recommandons vivement de vous adresser à l’avance à l’ambassade de Russie et au ZAGS. Les fonctionnaires russes peuvent exiger d’autres documents dans certains cas précis. Nous n’avons donné ici qu’un exemple d’une situation classique.

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