La situation dans ce pays est un thème dominant de l'ordre du jour international, en particulier après l'adoption récente par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution controversée sur la Syrie. Celle-ci reconnaît la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution comme le «représentant légitime» du peuple syrien et critique de façon virulente le gouvernement, chose à laquelle la Russie s'oppose fermement.  

Selon M. Lavrov, Ban Ki-moon a soutenu l'initiative américano-russe visant à tenir une nouvelle réunion à Genève sur la Syrie sous les auspices de l'ONU, qui pourrait avoir lieu à la mi-juin. C'est pour harmoniser les détails de l'organisation de la conférence que M. Ban s'est envolé pour Sotchi.

Comme l'a souligné lors d'un entretien avec La Russie d'Aujourd'hui le porte-parole du secrétaire général Martin Nesirky, il s'agit de la sixième visite de Ban Ki-moon en Russie. Sa dernière visite remonte à avril 2011. Lors de sa réunion avec M. Lavrov, Ban Ki-moon a parlé en russe : « Bonjour, Sergueï Viktorovitch ! Je suis heureux d'être à Sotchi ». Avant d'ajouter en anglais : « J'espère que vous comprenez mon russe ». Il a ensuite déclaré aimer Sotchi, et déploré qu'il ait à y travailler, et pas à s'y reposer, bien qu'il ait tout de même pris avec lui un maillot de bain.

Les pourparlers du secrétaire général de l'ONU avec le  ministre russe des Affaires étrangères se sont tenus à huis clos, mais lors de la conférence de presse M. Lavrov a indiqué qu'ils étaient parvenus à un accord. « Nous souhaiterions que la conférence soit organisée sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies, a dit le ministre. Cette initiative russo-américaine est soutenue par de nombreux pays et le secrétaire général nous a confirmé aujourd'hui qu'il soutenait cette idée ».

Toutefois, la date de la conférence n'a pas encore été choisie. « On tente actuellement de trouver des dates convenables pour toutes les parties. Il existe un créneau, mais pour l'instant je ne suis pas prêt à donner des dates précises, a déclaré à son tour M. Ban Ki-moon. Les attentes sont élevées, il faut donc tenir la rencontre dès que possible. Nous faisons un effort énorme à ces fins ».

Selon M. Lavrov, la préparation du forum est ralentie par l'incertitude autour des personnes qui y participeront du côté de la Syrie. Auparavant, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré que les Etats-Unis aimeraient voir lors de la conférence non seulement l'opposition, mais aussi le président Bachar el-Assad. Lavrov, à son tour, estime qu'il convient d'inviter d'autres parties intéressées, en particulier l'Iran et l'Arabie saoudite.

La façon dont le conflit sera résolu conditionnera en grande partie non seulement le sort de la Syrie et de la région, mais aussi le comportement futur de la communauté internationale dans le domaine de la gestion des crises, a souligné le ministre des Affaires étrangères. M. Lavrov a réitéré la position de la Russie : « Nous sommes intéressés à ce que la Syrie reste territorialement intègre et un Etat souverain, la plate-forme à ces fins étant le communiqué de Genève ». Le ministre a en outre exprimé son mécontentement en raison des spéculations créées par les médias occidentaux autour des ventes d'armes russes aux forces gouvernementales en Syrie.

« Je ne comprends pas pourquoi les médias tentent de faire leurs choux gras de ce thème. Nous ne cachons pas nous livrons à la Syrie des armes en vertu des contrats signés, sans violer les accords internationaux et nos lois en matière de contrôles de l'exportation d'armements, qui sont parmi les plus strictes au monde », a dit le ministre.

Une fois de plus, M. Lavrov a été contraint d'expliquer que la Russie fournissait à la Syrie des armes défensives et des systèmes de défense antiaérienne comme le système sol-air S-300. « Cela ne crée aucune violation de l'équilibre des forces dans la région, et ne donne aucun avantage dans la lutte contre l'opposition », a-t-il dit.

Ensuite, Ban Ki-moon s'est rendu à une réunion avec Vladimir Poutine. « Nous sommes très heureux de vous voir : vous êtes le secrétaire général d'une organisation créée par la Russie et ses partenaires après la Seconde Guerre mondiale. Et aujourd'hui, en tant que membres permanents du Conseil de sécurité, nous défendons le rôle central des Nations unies dans les affaires internationales », a souligné le président russe.

Le secrétaire général a exprimé l'espoir que la Russie continuerait à jouer un rôle de premier plan dans la résolution des problèmes du monde. Les attentes fondamentales concernent trois événements majeurs - le sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, les Jeux olympiques d'hiver à Sotchi et la présidence russe du G8 l'année prochaine. Ban Ki-moon, a particulièrement apprécié l'inclusion dans l'ordre du jour du G20 de sujets tels que l'étude de l'impact de la corruption sur la croissance économique et le fait qu'en 2015, la Russie accueillera une conférence de l'ONU sur la lutte contre la corruption. En ce qui concerne le déroulement des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, ils devraient contribuer à la paix sur la planète. À cet égard, selon Ban Ki-moon, Moscou devrait soutenir l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale appelant à une trêve pendant les événements sportifs.