Le bureau d’Amnesty International scellé à Moscou

2 novembre 2016 Alexeï Timofeïtchev
Le bureau moscovite de l’ONGI de défense des droits de l’homme Amnesty International a été scellé ce mercredi par les autorités municipales.
Sergei Nikitin
Sergueï Nikitine, le responsable du bureau russe d’Amnesty International. Crédit : Reuters

Les autorités municipales de la capitale russe ont scellé le bureau de l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International (AI), assurant que l’organisation avait violé les conditions du règlement de loyer. 

« Ce matin [le 2 novembre] nos collaborateurs ont découvert que la porte du bureau que nous louons depuis plus de 20 ans à la municipalité était scellée. Le papier collé sur la porte indiquait que le local appartenait à un sujet de la Fédération et ne pouvait être ouvert sans la présence d’un représentant du propriétaire, le Département de l’immobilier municipal de Moscou », a déclaré le responsable du bureau russe de l’organisation Sergueï Nikitine à l’agence TASS.

M. Nikitine a informé qu’il ne savait pas pour quelle raison le bureau avait été scellé. « Nous n’avons eu aucune explication. Le numéro de téléphone indiqué sur le papier avec lequel la porte est scellée ne répond pas. Nous n’avons reçu aucune lettre concernant le bureau et avons toujours réglé le loyer à temps », précise-t-il.

Un autre représentant de l’organisation, Ivan Kondratenko, écrit sur sa page Facebook que lorsqu’ils se sont retrouvés devant la porte fermée, les collaborateurs ont appelé le Département de l’immobilier municipal de Moscou, « mais ils ne sont pas encore au courant non plus ». « Nous réglons nos loyers à temps depuis vingt ans – c’est le premier et, pour le moment, l’unique bureau d’Amnesty en Russie », M. écrit Kondratenko.

Pour leur part, les autorités municipales indiquent dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi que l’ONGI avait commis « des violations substantielles du règlement du loyer » et que le Département de l’immobilier de la ville avait prévenu le locataire de la nécessité de régler les arriérés de loyers dans le délai d’un mois. Or, le communiqué ne précise pas la date d’envoi de l’avertissement en question, mais souligne que si les arriérés ne sont pas payés, le contrat de location sera résilié au bout de trois mois. Le locataire n’ayant donné aucune suite à cet avertissement, le contrat de location n’est plus valide, en conséquence les locaux ont été fermés et scellés. 

Interrogé sur la situation du bureau d’AI ce mercredi, le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a indiqué qu’il n’en savait rien. « Vous me l’apprenez aussi, je n’ai absolument aucune information sur ce sujet », a-t-il répondu aux journalistes.

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