Le gaz iranien, quels risques pour Gazprom?

19 octobre 2016 Irina Doubova
La République islamique a annoncé son intention d’augmenter le volume de production de gaz et a placé les exportations de combustible vers les pays voisins sur la liste de ses priorités. Ces projets vont-ils à l’encontre des intérêts de la Russie ?
Iran Gas
La gazéification du pays et l’exportation du gaz vers les pays voisins sont au programme. Crédit : Reuters

Pays possédant les plus importantes réserves de gaz au monde, l’Iran pourrait accroître ses capacités de production jusqu’à 900 millions de m3 par jour d’ici le 20 mars 2017 contre 835 millions de m3 aujourd’hui, a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, rapporte le quotidien Vedomosti.

En outre, le pays prévoit d’augmenter la production de condensat de gaz et de pétrole. « La gazéification du pays et l’exportation du gaz vers les pays voisins au cours des dix-huit prochains mois figurent dans nos grands projets pour l’avenir », a-t-il souligné.

А l’heure actuelle, l’Iran n’assure que 1% des livraisons mondiales quoique le gaz constitue 70% du panier énergétique de l’Iran. Or, la quasi-totalité du gaz est à ce jour consommé sur le marché intérieur.

Du 20 mars au 21 septembre, la Compagnie d'ingénierie et de développement du pétrole iranien (NIGC) a déjà augmenté de 3,4% ses livraisons par rapport à la même période de l’année précédente.

Les intérêts de Gazprom menacés ?

Hamid Reza Araki, directeur gérant de la NIGC, a fait remarquer que l’Iran n’avait pas l’intention de concurrencer la Russie : « L’Iran a l’intention d’accéder au marché européen avec du gaz naturel liquéfié (GNL) et ne prévoit pas de concurrencer la Russie ni de la remplacer ».

Karen Kostanian, directeur du département analytique EEMEA Merrill Lynch Russia & CIS, estime pour sa part dans un commentaire au journal russe Vedomosti que le gaz iranien pourrait faire concurrence au géant russe Gazprom uniquement dans une perspective à long terme.

L’Iran peut assurer une croissance exponentielle de l’extraction, mais la levée des sanctions et, par suite, la relance de l’économie stimuleront également la consommation intérieure, a noté l’expert.

En outre, le potentiel d’exportation de l’Iran est limité par le réseau existant de pipelines, tandis que la construction de nouvelles capacités de GNL exigera du temps, a fait remarquer pour conclure Karen Kostanian.

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