La Russie investira 41 mds EUR dans un corridor logistique Europe-Asie

1 mars 2017 Kira Kalinina
Grâce à de grands projets d’infrastructures entrepris dans le cadre de l’Union économique eurasiatique, la Russie pourrait accueillir 15% du transport de marchandises entre l’Europe et la Chine, a annoncé Alexandre Micharine, vice-président des chemins de fer russes, au Forum de Sotchi.
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Objectif : drainer 15% du transport de fret entre l’Europe et la Chine. Crédit : Jack No1/wikipedia.org (CC BY-SA 3.0)

La Russie pourrait viser une part substantielle des transports de marchandises entre l’Europe et la Chine dans le cadre de l’Union économique eurasiatique (UEE), a déclaré fin février Alexandre Micharine, premier vice-président des Chemins de fer de Russie, dans le cadre du forum russe d’investissement de Sotchi.

« Dans le cadre de l’UEEA, nous avons la possibilité de lancer de grands projets d’infrastructure en Russie d’une valeur de 2500 milliards de roubles (41 milliards d’euros) au cours des cinq prochaines années », a déclaré Micharine.

Selon ses déclarations, il est question de créer un corridor de transport unifié entre l’Europe et l’Asie dans le cadre duquel les principaux axes de transport russes seront refinancés : le chemin de fer Baïkal-Amour, le Transsibérien, ainsi que les accès à la mer Noire et à la mer Baltique.

« À l’heure actuelle, grâce à l’UEEA, nous pouvons viser 15% du tonnage total de ces échanges via ce corridor. Mais ce sont des cargaisons chères, dont la valeur correspond à 40%, et pourrait même s’élever à 50%, sur les 570 milliards d’euros d’échanges entre l’Europe et la Chine », a déclaré M. Micharine.

Livraison « Europe-Asie » en trois jours

Lors du forum de Sotchi, M. Micharine a également dévoilé les plans des Chemins de fer de Russie visant à construire une ligne à grande vitesse reliant la Chine, la Russie et le Kazakhstan à l’Europe, avec un hub situé à Berlin.

La croissance du commerce en ligne amènera à un changement dans le type des cargaisons, et la durée et les conditions de livraison deviendront des facteurs d’une importance critique. M. Micharine considère que les nouvelles exigences en matière de délais permettront à terme d’effectuer des livraisons entre la Chine et l’Europe en trois jours.

Selon lui, les Chemins de fer de Russie ont signé le 28 février un mémorandum avec le gouvernement chinois et des représentants des chemins de fer chinois, qui se sont actuellement lancés dans la construction d’un corridor à grande vitesse d’une longueur de 10 000 kilomètres.

La partie chinoise de ce corridor, qui s’étend sur 4 000 kilomètres, est déjà construite à l’heure actuelle. La partie russe, dont la première étape sera la ligne Moscou-Kazan, est encore en projet. Selon M. Micharine, son prix pourrait s’élever à 10 000 milliards de roubles (162 milliards d’euros).

À l’heure actuelle, la Compagnie logistique de transport unifiée de Russie, Biélorussie et du Kazakhstan expédie 100 000 containers de la Chine vers l’Europe. Selon M. Micharine, il est prévu à l’horizon 2020 d’en expédier un million.

« Nous sommes actuellement à un point où la concurrence ne dépend pas du transport mais de la politique douanière. Les conditions douanières aux frontières Russie-Chine et Kazakhstan-Chine font concurrence aux conditions de grands ports tels que Hambourg et Rotterdam », a déclaré M. Micharine.

Les entreprises européennes voient d’un œil favorable les perspectives de développement d’un corridor logistique entre l’Europe et l’Asie.

« Ce que les chemins de fer russes font avec ce corridor entre la Chine et Berlin est très important pour l’Allemagne et l’UE. En ce qui concerne son développement technique, l’UE et l’UEEA doivent soutenir ce projet », a déclaré au forum de Sotchi Tobias Zech, membre du parlement allemand.

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