Comment est organisée la défense des îles Kouriles

21 mars 2017 Nikolaï Litovkine
Les militaires russes chargés de protéger les îles Kouriles seront dotés de systèmes de DCA sophistiqués en remplacement des missiles sol-air actuels, mais les effectifs stationnant dans les îles ne seront probablement pas renforcés.
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Une vedette du projet 1204 Chmel. Crédit : Grigoriy Sissoïev/RIA Novosti

La ministre japonaise de la Défense, Tomomi Inada, a élevé le 20 mars une protestation suite aux projets de déploiement dans les îles Kouriles – revendiquées par Tokyo – d’une division russe et de systèmes de missiles de défense côtière Bal et Bastion.

Sergueï Choïgou, son homologue russe, a assuré que la division serait déployée « non contre quelqu’un, mais pour défendre le territoire de la Russie et ses frontières depuis la mer et les airs ». La modernisation des armements et l’installation de nouvelles bases dans les Kouriles constituent une nouvelle tentative de mettre en valeur les îles dans le contexte des démarches – qui se sont parfois soldées par des échecs – entreprises en ce sens dans l’après-guerre.

Qui défend les Kouriles

À l’heure actuelle, les îles accueillent la 18ème division d’artillerie qui compte 3 500 militaires et qui sera dotée d’ici la fin de l’année de systèmes de défense modernes pour parer à d’éventuelles attaques aériennes et navales.

« Nous avons déployé à la fin de l’année dernière dans l’île d’Itouroup des batteries Bal et Bastion. Ces systèmes de missiles de défense côtière sont capables de détruire des navires à une distance de 260 kilomètres », a précisé à RBTH un expert de l’industrie militaire russe. Les attaques aériennes seront repoussées grâce aux missiles sol-air Tor-M2 et Bouk-M2, mais aucun système offensif ne sera installé dans les îles.

« Les lance-roquettes multiples BM-21 Grad qui arment la division pourraient céder leur place aux nouveaux Tornado-G, mais rien de plus. La Russie pourrait même réduire ses effectifs dans les îles, car les nouveaux systèmes n’ont pas besoin de 3 500 hommes pour assurer leur fonctionnement », a-t-il indiqué.

Outre la modernisation des armements, les militaires russes doivent mettre en valeur les îles encore « inexploitées ». Ainsi, le ministère russe de la Défense a dépêché une expédition dans l’île de Matoua (dans la partie centrale de l’archipel) en vue de trouver un lieu pour y baser des bâtiments de la Flotte du Pacifique.

« Il n’est pas prévu de déployer une base au sens propre du mot, car il n’y a pas assez de place. Les militaires y construiront plusieurs quais, mais n’y resteront pas déployés en permanence. Ils n’y feront que des escales pour le ravitaillement et depetites réparations », a fait remarquer l’expert.

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