Ce n’est pas, à première vue, un paradis d’ « expats ». Mais, située à 200 km au sud-ouest de Moscou, la région de Kalouga est connue pour son fameux cluster automobile, qui attire depuis quelques années des centaines de travailleurs expatriés. Aujourd’hui, 80 familles françaises y vivent, liées à la présence de l’usine PCMA Rus, qui assemble des véhicules Peugeot, Citroën et Mitsubishi.


Quelques années en arrière, « il n’était pas évident de trouver des logements conformes à nos attentes dans la ville de Kalouga », explique le nouveau directeur général de PCMA, Jean-Christophe Marchal. « Aujourd’hui, avec le développement du cluster automobile, cela a beaucoup changé. Kalouga est devenue une ville plutôt cosmopolite et l’on y trouve désormais tout ce dont on a besoin ». Avec une épouse française d’origine slovaque et qui parle le russe, l’intégration est évidemment plus aisée pour M. Marchal.


Pendant un an et demi la ville s’est métamorphosée : de nouveaux centres commerciaux sont apparus et la rue principale a été rénovée. Pour Stéphanie, mère de famille française, Kalouga est une grande ville comparée aux villes de provinces françaises : « De nouveaux immeubles ont été construits – celui dans lequel nous vivons est quasiment neuf ».

Aujourd’hui, Kalouga héberge la deuxième plus grande communauté française de Russie. Des classes spéciales ont ainsi été créées dans les écoles russes pour prodiguer aux enfants français un enseignement adéquat. Et « le niveau d’enseignement y est à mon avis excellent », affirme Jean-Christophe Marchal, qui loue le soutien des autorités locales. « Les gens sont très sympathiques et accueillants. Peut-être davantage qu’à Moscou. On ne peut pas dire qu’il y ait des problèmes interculturels ».


« Super », a pensé Jean-François Humbert quand on lui a dit qu’il partait pour une mission prolongée à Kalouga. C’était l’un des rêves du chef de chantier de l’usine de ciment Lafarge, en construction à 40 km de Kalouga, d’« avoir une telle expérience en Russie. » À 53 ans, l’isolement potentiel n’est pas pour lui déplaire.

Et d’ailleurs, « tout a changé de manière grandiose en l’espace d’un an et demi dans cette ville » qu’il trouve par ailleurs « très jolie, tranquille, et qui a gardé un énorme cachet grâce au vieux Kalouga ». De toutes les régions du monde où il a longuement séjourné pour Lafarge, s’il doit choisir, Jean-François Humbert n’hésite pas une seconde. Pour lui, « y a pas photo », c’est Kalouga.