Les trésors de la Sainte-Chapelle à découvrir au Kremlin

3 mars 2017 Maria Sokolovskaïa
Une première: une série d’œuvres d’art françaises de la période médiévale quittent pour la première fois le territoire de l’Hexagone pour un séjour de trois mois en plein cœur de la capitale russe. Ce vendredi 3 mars, l’exposition intitulée « Saint Louis et les reliques de la Sainte-Chapelle » a ouvert ses portes au public aux Musées du Kremlin.

La semaine même où se termine l’exposition de la collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton, temps fort des échanges culturels russo-français, Moscou accueille aux Musées du Kremlin 78 chefs d’œuvres de l’art gothique français prêtés par différentes institutions, dont le musée de Cluny et le Louvre. Prévue jusqu’au 4 juin 2017, l’exposition présentera au public moscovite des pièces d’art liées au règne du roi Saint Louis.

Exposition « Saint Louis et les reliques de la Sainte-Chapelle » au Kremlin  / Service de presse des Musées du Kremlin. Exposition « Saint Louis et les reliques de la Sainte-Chapelle » au Kremlin / Service de presse des Musées du Kremlin.

Parmi les véritables joyaux que compte cette exposition, il convient de citer le reliquaire de la Sainte Couronne, créé en 1806, et des vitraux de la Sainte-Chapelle qui quittent la France pour la première fois depuis leur création. Outre d’illustres œuvres de l’art médiéval français, l’exposition comprend des manuscrits, dont le testament de Saint Louis de février 1270, la bible de canonisation pontificale de 1297 et un évangéliaire de la Saint-Chapelle dans une extraordinaire reliure d’or et de pierres précieuses, prêté par la Bibliothèque nationale de France.  

Vitraux de la Sainte-Chapelle  / Service de presse des Musées du Kremlin. Vitraux de la Sainte-Chapelle / Service de presse des Musées du Kremlin.

L’idée de présenter ces joyaux en Russie est née d’une exposition du Centre des monuments nationaux (CMN) organisée à Paris en 2014 à l’occasion du 800e anniversaire de la naissance du roi Saint Louis. La directrice générale des Musées du Kremlin, Elena Gagarina, a alors considéré que le public russe éprouvait le désir de mieux connaître la personnalité et l’œuvre du roi qui a régné au XIIIe siècle au cours de ce qui fut une période d’affirmation du pouvoir royal en France.

Le reliquaire de la Sainte Couronne, créé en 1806 / Service de presse des Musées du Kremlin. Le reliquaire de la Sainte Couronne, créé en 1806 / Service de presse des Musées du Kremlin.

Toutefois, il a fallu deux ans pour réaliser ce projet ambitieux, programmé à l’occasion de l'Année franco-russe du tourisme et du patrimoine culturel, et emmener ces pièces d’art uniques au Kremlin. « Beaucoup de temps sépare l’idée de son incarnation. Or, au cours de cette période, nous avons repensé nos idées initiales, les avons élargies et approfondies », a confié à RBTH Mme Gagarina lors de la présentation de l’exposition aux médias.

Dialogue culturel entre la France et la Russie

La présence de trésors tels que des vitraux de la Sainte-Chapelle au Kremlin est un « élément de dialogue entre la France et la Russie, a expliqué à RBTH le président du CMN Philippe Belaval. C’est une invitation faite au public russe à mieux connaître l’art du Moyen Age français et peut-être une invitation à venir en France. C’est pour conforter en quelque sorte la connaissance et la compréhension des uns et des autres que cette exposition a été conçue et a été portée par les autorités françaises et par l’ambassade de France en Russie ici à Moscou ».  

D’autant plus qu’aucune exposition des vitraux, démontés au XIXe siècle, n’étant prévue ailleurs, Moscou bénéficie pour le moment d’une exclusivité dans ce domaine. M. Belaval a par ailleurs dit espérer qu’à l’avenir des monuments français pourraient à leur tour accueillir des chefs-d’œuvre russes.

Vierge à l'enfant. Service de presse des Musées du Kremlin.

Vierge à l'enfant.

La couronne-reliquaire de Saint Louis Service de presse des Musées du Kremlin.

La couronne-reliquaire de Saint Louis

“Vie et miracles de Saint Louis” de Guillaume de Saint-Pathus. Service de presse des Musées du Kremlin.

“Vie et miracles de Saint Louis” de Guillaume de Saint-Pathus.

 
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« Il est trop tôt pour en parler avec précision, mais nous sommes conscients du fait que le musée du Kremlin conserve des objets liés aux tsars au cours de l’histoire et qu’il y a de magnifiques témoignages de l’orfèvrerie, de la vie de la cour des tsars et je suis sûr que nous pouvons trouver là matière à de nombreux échanges », a-t-il confié à RBTH.

D’ailleurs, d’autres projets sont sur les rails et devraient voir le jour prochainement. Comme l’a rappelé le président de la CMN, plusieurs monuments français ont été jumelés avec des sites russes et des expositions sont prévues dans le cadre de ce jumelage.

Et de rappeler que tout au long de l’histoire il y a toujours eu un intérêt mutuel et des échanges culturels entre la France et la Russie, ce qui créé un terrain fertile pour le développement de la coopération dans cette sphère.

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