La Pâques russe, une fête chrétienne et familiale

5 mai 2013 Vladimir Erkovitch
Le 5 mai, les chrétiens orthodoxes vont fêter Pâques. C’est la fête russe la plus importante dans le calendrier chrétien. A l’époque soviétique, la participation aux célébrations de Pâques n’était pas encouragée, et par conséquent les traditions de la Pâques se sont superposées aux nouvelles fêtes soviétiques que l’église n’a pas vraiment adoptées.
Généralement décorés de bougies, les gâteaux de Pâques sont allumés pendant le service religieux. Crédit : AFP/East News
Généralement décorés de bougies, les gâteaux de Pâques sont allumés pendant le service religieux. Crédit : AFP/East News

Les fêtes de Pâques commencent par des célébrations dans les églises, une messe nocturne accompagnant une procession religieuse. On considère que le service se termine après le carême, après quoi chacun peut manger tout ce qu’il souhaite.

Les plats principaux durant la Pâques pour les orthodoxes sont les œufs décorés, les gâteaux de Pâques et le Paskha, un plat à base de fromage blanc russe (tvorog) et de raisins. Généralement décorés de bougies, les gâteaux sont allumés pendant le service religieux. Bien que la religion était interdite en URSS, les œufs étaient peints dans presque chaque foyer. L’idée religieuse n’y était pas forcément associée, mais Pâques était tout de même fêtée.

« Nous avions notre jeu préféré, grâce auquel nous attendions la Pâques, raconte une retraitée, Natalya. Deux personnes prennent un œuf et se heurtent l’un contre l’autre. Celui dont l’œuf reste entier prend celui qui est fissuré. Ainsi, en passant de maison en maison, on pouvait gagner beaucoup d’œufs. Il n’était pas obligatoire de manger tous les œufs gagnés. Après avoir suffisamment mangé, nous en distribuions à quiconque en voulait. ».

L’interdiction officielle des pratiques religieuses comprenait également la promenade au cimetière pour rendre visite aux ancêtres et s’occuper des tombes.

« La tradition de se rendre au cimetière à Pâques, et d’y laisser des œufs et des gâteaux est un paganisme qui a repris durant l’URSS, indique le père Alexandre. Quand on cherche la véritable foi, de sombres superstitions apparaissent inexorablement. A Pâques, il faut aller à l’église ».

Après l’église, on rompt le jeûne et on organise un repas de fêtce pour marquer la fin du Carême et la venue de la lumière du jour dans l’année.

Mais il faut se rappeler que ce jeûne, particulièrement strict, c’est un vrai stresse pour l’organisme, c’est pourquoi il faut en sortir progressivement. Les médecins recommandent de manger directement une viande grasse et toute combinaison de viande et de pain. Avant tout, le premier jour il faut manger de la viande avec des légumes, de la salade et des herbes, et ensuite introduire progressivement des produits laitiers dans le régime alimentaire.

Les plats principaux durant la Pâques pour les orthodoxes sont les œufs décorés, les gâteaux de Pâques et le Paskha (sur la photo), un plat à base de fromage blanc russe (tvorog) et de raisins. Crédit : Lori / Legion Media

« Avec ma famille, nous célébrons habituellement Pâques chez des invités, indique Sergueï, programmeur. Pour eux, cette fête n’est pas tellement une fête religieuse, mais avant tout une fête de famille. C’est l’occasion de réunir tous les enfants et neveux à la maison et de s’asseoir autour d’une grande table ».

Dans la nuit de Pâques toutes les églises sont bondées, mais pour certains ce n’est qu’une occasion de boire. En pleine nuit, quand tous les habitants de la ville se promènent dans la rue, pourquoi ne pas faire un nouvel an ?

« Quand j’étais bien plus jeune, chaque année nous assistions à la procession avec des amis, dit Sergueï, gardien de profession. Pour nous, plus que le service religieux lui-même, c’est la foule qui nous intéressait. Et la raison pour boire était grande. C’était tout de même Pâques. En fin de compte, nous retournions à la maison au petit matin en tenant à peine sur nos jambes. Maintenant je ne peux plus faire ça, je n’ai plus la santé de fer que j’avais alors et je suis devenu plus sérieux ».

« Chaque année je participe à la messe de Pâques, non pas tellement comme paroissien mais par devoir, indique Roman, pompier. Je m’assure qu’il n’y aura pas de problèmes. Mais malheureusement c’est assez fréquent. J’ai déjà sauvé plusieurs fois une femme, qui s’est embrasée avec une bougie. Une grand-mère avec un foulard duveteux et une bougie à la main se tient dans la queue et le foulard s’enflamme. Désormais,  si je vois quelqu’un avec ce genre de châle durant la messe, je vais tout de suite la voir pour qu’elle fasse attention ».

La semaine de Pâques est également unique car c’est le seul moment de l’année où tout le monde peut sonner les cloches. Pour qu’on vous accorde ce plaisir, il vous faut demander au responsable de l’église. En général, le prêtre ne le refuse à personne. Toute la semaine après le service, on peut entendre un son de cloche, les joyeux paroissiens sont avant tout les enfants qui sonnent les cloches pour se réjouir de la résurrection du Christ.

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