Si vous voulez visiter Souzdal, n’ayez pas peur de la sophistication excessive inhérente aux endroits populaires pour les touristes, vous n’en trouverez pas. Quant aux choses à voir, il y en a plein. Cette ville d’à peine 11.000 habitants héberge deux centaines de monuments d’architecture, dont cinq monastères, plus de 30 églises et plusieurs musées. La ville est toute petite : le trajet de périphérie au centre-ville ne vous prendra qu’une dizaine de minutes, si bien qu’il est difficile de s’y perdre.

Samedi

12h00 

Midi. La Place du marché

L’endroit idéal pour partir à la découverte de la ville c’est sans aucun doute la Place du marché, située en plein centre sur la rue Lénine. Ici on a l’impression d’être un personnage de la littérature russe du XIXe siècle.

Actuellement, l’ancienne Place semble être trop grande par rapport au nombre de vendeurs, mais le commerce va toujours bien. On peut acheter ici toutes sortes de souvenirs - des petites bagatelles, comme des aimants pour frigo, à l’artisanat en bois et même des valenkis, bottes de feutre traditionnelles russes. Si vous ne voulez rien acheter, vous pouvez tout simplement vous promener et déguster du kvas (boisson traditionnelle fermentée) ou du medovoukha (hydromel russe).

En outre, vous pouvez déjeuner ici, mais il vaut mieux patienter un peu et le faire plus tard.

14h00 

Monastères et prisons

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Après avoir acheté des souvenirs, vous pouvez entreprendre un voyage dans le temps pour revenir quelques siècles en arrière en visitant soit le monastère du Sauveur-Saint-Efim (pour hommes) et celui de l’Intercession (pour femmes). Ces deux lieux de culte avaient à l’époque plusieurs fonctions – ils servaient à la fois de monastère, de forteresse et même de prison.

Plusieurs tsars russes, dont Ivan le Terrible et Pierre le Grand, avaient enfermé leurs épouses dans le monastère de l’Intercession. Dans le monastère du Sauveur-Saint-Efim, vous pouvez monter sur le beffroi, d’où s’offre une vue panoramique sur la ville et ses environs.

Mais attention : le carillonneur local est souvent ivre. Au fait, comme on l’apprend sur le Web, ce monsieur suit les traditions du monastère et se vante d’avoir fait huit «visites » dans la prison de Vladimir, très célèbre en Russie.

15h00

Un repas monastique

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C’est absurde de vous transporter dans le temps avec le ventre creux. Tant que vous êtes dans un monastère, pourquoi ne pas y déjeuner ?

Comme le disent les experts, le secteur de la restauration de la ville a toujours été orienté sur les touristes. Durant l’ère soviétique, les restaurants locaux avaient un style plutôt traditionnel : personnel vêtu de costumes nationaux, vaisselle de bois… Certains cafés gardent toujours ce style.

Quant à la cuisine, elle est magnifique. Pas de minestrone ou de pizza, tout est absolument russe et authentique. Certains plats, comme la « viande au monastère » ou la « salade de l’évêque », sont exclusifs à Souzdal, vous n’en trouverez pas ailleurs.

Un repas complet à deux vous coûtera 500 roubles (près de 12,5 euros). Parmi les meilleurs plats : chtchi (soupe de chou), rôtissage et blinis (galettes russes). Le menu des réfectoires des monastères correspond aux règles religieux : pas de viande mercredi et vendredi, ainsi que durant les jeûnes, où on peut manger des repas spéciaux.

Néanmoins, le café Privratnitskaïa, qui se trouve près de la porte du monastère du Sauveur-Saint-Efim, est plus tolérant vis-à-vis des touristes. Une des meilleures gourmandises du café est la soupe aux champignons (près de 3 euros). Attention : ici on ne règle qu’en espèces.

17h00

Visite du Kremlin

Ceux qui ont déjà visité des villes russes, savent que le mot « kremlin » signifie la forteresse ou la citadelle de la ville. Et il est à noter que le kremlin de Souzdal est beaucoup plus ancien que celui de Moscou : selon les chroniques, il a été construit en 1024. Son emplacement a été très bien choisi : la forteresse est entourée de trois côtés par la rivière Kamenka, constituant un obstacle naturel pour ceux qui voulaient s’emparer des trésors du prince de Souzdal.

Quant aux murs, ils ne sont pas impressionnants. On dit ici que par le passé, les marchands qui visitaient la ville prenaient pour le kremlin le monastère du Sauveur-Saint-Efim, dont la façade était beaucoup plus imposante.

À l’intérieur du kremlin, prêtez votre attention à l’horloge du beffroi de la Cathédrale de la Nativité de la Vierge  : au lieu des chiffres, les heures sont marquées par des lettres de l’alphabet vieux-slave. En effet, avant l’époque du Pierre le Grand, les Russes marquaient les heures en combinant des lettres : « a » pour un, « б » pour deux et « i » (qui n’est plus utilisée dans l’alphabet russe) pour dix.

Dîner rue Kremlevskaïa

Pour dîner, vous pouvez vous rendre dans un des nombreux restaurants et cafés situés rue Kremlevskaïa (« du Kremlin ») qui commence près de la forteresse. Il y a notamment Rousskaïa Restoratsiya, endroit assez cher, qui propose une dizaine de sortes de pelmeni (raviolis russe) : avec de la viande, des champignons, du saumon et même du caviar (de 5 à 10 euros par portion).

En outre, on peut manger ici des œufs de caille sautés à la royale (3,5 euros), l’« ouchnoïe » (daube) à l’ancienne (8 euros) et le « hamburger des boyards » (8 euros).

20h00

Une nuit dans une isba

Après avoir entrepris un voyage historique, vous ne voudrez probablement pas dormir dans un hôtel habituel. Si c’est le cas, vous pourrez passer la nuit dans une des isbas (maisons traditionnelles russes) qui ressemblent plutôt à des petits musées. Il y a plein de chambres d’hôtes de ce genre à Souzdal et dans ses environs.

Si vous voyagez à pied, vous pourrez trouver un petit hôtel dans la rue Kremlevskaïa. Si vous avez une voiture, rendez-vous à Pavlovskoïe Podvorie (rue Mitchourina 14). Les prix partent de près de 50 euros par nuit. Pour cette somme vous avez à votre disposition une petite maison. Mais attention : les cartes bancaires ne sont pas universellement acceptées, ayez sur vous des espèces.

Meubles traditionnels, rideaux à fabrication domestique, odeur alléchante du bois… Bref, les isbas de Souzdal sont beaucoup plus commodes qu’on ne peut penser.

Quant au déjeuner – les hôtels proposent des plats traditionnels au prix moyen de 3 euros.

Dimanche, 11h00

La simplicité à l’ancienne

Des riches monastères et des maisons princières, c’est bon, mais il est également intéressant de jeter un coup d’œil sur la vie d’un simple paysan russe, telle qu’elle était il y a plusieurs siècles. Bienvenue au musée de l’architecture en bois de Souzdal (rue Pouchkarskaïa).

Le musée imite en effet un village russe typique. Au cœur de la cité se trouve une église. De là commence la rue principale du village qui héberge des isbas. Toutes les maisons sont décorées avec des ornements en bois. À l’intérieur, beaucoup de meubles intégrés, gravés dans les murs en bois à l’étape de la construction : ce sont des bancs, des soupentes et des étagères.

Au centre de la maison se trouve un poêle, élément principal de l’isba. En face du poêle vous verrez le « coin rouge », soit un endroit destiné à accueillir des icônes.

Si vous avez de la chance, vous pouvez rencontrer durant votre promenade dans le village des musiciens jouant des gousli, instrument à cordes pincées traditionnel. L’art de jouer des gousli est actuellement presqu’oublié. Il est à noter que les musiciens de Souzdal sont assez sensibles : si personne n’écoute leur musique, ils partent en laissant leurs gousli et s’absentent pendant longtemps.

Des oies qui se promènent partout sont une autre curiosité du village. En voyant la taille de ces oiseaux, on pense qu’ils sont capables non seulement de sauver Rome, mais aussi de détruire la ville éternelle. Néanmoins, la majorité des oies sont pacifiques.

15h00

La vie des anciens Slaves

Ne manquez pas l’occasion de plonger dans la vie des Slaves du IX siècle, avant le baptême de la Russie. Pour le faire, il faut visiter Chtchourovo Gorodichtche (rue Korovniki 14), un autre musée-village de plein air.

Pour ceux qui veulent s’essayer en tant que guerriers (et les anciens Slaves étaient un peuple très belliqueux, tout comme leurs voisins, les Vikings et les Byzantins), il y a un véritable arsenal, y compris des lances, des épées, des arcs, etc.

La taverne locale offre des plats cuisinés à base de produits naturels et cuits dans des gros pots : anciennes recettes, ingrédients frais. Un repas comprenant une soupe de sandre, de la viande, des salaisons et une tasse de sbiten (boisson faiblement alcoolisée avec des épices) vous coûtera 25 euros.

18h00

La fin du conte

« J’y étais là; du miel, de la bière j’ai bu » — cette formule stéréotypée marque la fin de presque tous les contes folkloriques russes. Donc, bien qu’on ignore où se trouve la capitale russe de la bière, il est certain que Souzdal est celle de l’hydromel. Cette boisson, appelée en Russie « medovoukha » se vend partout dans la ville. Mais pour goûter les meilleures variétés, il vaut mieux se rendre à la salle de dégustation de la brasserie d’hydromel de Souzdal (rue Promychlennaïa 13).

Premièrement, l’hydromel qu’on y produit est de haute qualité. Ensuite, vous pourrez goûter du medovoukha tout frais, car le produit offert pour la dégustation dépasse la boisson en série, en termes du goût et de la durée de conservation. La participation à la dégustation coûte 5 euros, et vous pourrez acheter vos boissons préférées (en moyenne, 3 à 5 euros par litre).

La gamme est vraiment vaste. Une portion consiste d’une dizaine de petites tasses, dont chacune contient une variété du medovoukha : à la menthe, au houblon, aux épices, aux baies de genièvre, mais la meilleure est sans doute celle au raifort. Chaque tasse contient 50 grammes, mais au total il y a un demi-litre, et il faut alors faire attention.

Pour accompagner la boisson, on sert traditionnellement des salaisons : pommes marinées, des sorbes, du chou et, bien sûr, des concombres. Le degré alcoolique des boissons proposées varie de 4,8 à 8.5%. Pour ceux qui doivent conduire, il y a du medovoukha sans alcool, qui sera sans aucun doute très pratique lors d’un embouteillage.

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